Le temps, comme l'espace, fait bien évidemment partie du cadre rééducatif.   

Dans son livre "la rééducation à l'école", Jean Claude Barat nous dit que la pensée s'organise en deux axes: l'axe des concepts et l'axe des chaînes symboliques. 

Mais elle s'organise également selon les deux dimensions fondamentales "espace" et "temps" dans lesquelles s'inscrit toute chose. Un marin sans latitude ni longitude serait un marin perdu. Un enfant sans repères spatiaux ni temporels l'est tout autant... 
Les enseignants connaissent bien les problèmes divers que rencontrent ces enfants qui n'ont pas su, ou pas pu, mettre en place ces structures fondamentales (schéma corporel, segmentation, topologie, structuration du temps, chronologie, relation d'ordre, relation d'équivalence....).


Le temps de la rééducation est en soi un temps particulier, un temps différent de celui de la classe qui est plus linéaire. C'est un temps singulier, mis entre parenthèses, il suspend le rituel pour introduire l'ambigu, le contadictoire et le fantasme...Pendant la rééducation, des temps divers se superposent: celui de la vie, celui du rêve, celui du fantasme. Le temps de la rééducation est important parce qu'il n'est pas sérieux (Guillarmé). Il peut devenir fondamental parce qu'il n'engage pas nécessairement les gestes quotidiens qui ont conduit le sujet à l'échec. En rééducation, l'enfant vient un moment avec quelqu'un parce qu'il ne réussit pas. Il vient, dans une parenthèse de sa vie, renouer avec une durée...


 La prise en charge rééducative s'inscrit dans le temps. Contrairement au maître E qui peut intervenir de façon massive (plusieurs fois par semaine) et courte, le maître G intervient en principe selon un rythme hebdomadaire mais sur une durée plus longue. En effet, le processus rééducatif demande du temps, le temps de l'élaboration psychique....


La prise en charge s'effectue toujours le même jour de la semaine, toujours sur le même créneau horaire et toujours sur la même durée. Cette régularité rend la chose prévisible et participe à l'aspect contenant du cadre.


Comme tous les rééducateurs, dans chaque salle où j'interviens, j'utilise une horloge que je place à portée des enfants et sur laquelle, de façon rituelle, ces derniers prennent l'habitude de représenter à l'aide de petites boules de pâte à modeler le cadre temporel dans lequel va s'effectuer le travail....La couleur jaune permet de marquer le début et la fin de la séance tandis que la couleur rouge marque les changements de phase...


Enfin, pour chacune des prises en charge individuelles ou collectives, j'utilise un calendrier personnalisé.